Je n’ai pas couru la prendre dans mes bras.
Je n’ai pas pleuré.
J’ai simplement dit : « Tu manges ? Assieds-toi, je t’en prie. Tout le monde est le bienvenu ici. »
Parce que c’est ce qu’on m’a appris.
Je n’ai pas appris à oublier.
Je n’ai pas appris à me justifier.
J’ai appris à aller de l’avant.
Tandis que je lui tendais une assiette, j’entendais les bruits de la rue, les rires des vendeurs, le cliquetis des assiettes, et la vie reprenait son cours.
Et une pensée m’est venue à l’esprit, une pensée que je pensais ne jamais me rappeler :
On m’a pris ma maison.
Mais la vie m’a offert un refuge.
Un refuge qui était vraiment mien.
Un refuge que personne ne peut me prendre.
Car la famille n’est pas toujours celle dans laquelle on naît,
c’est celle qui vous tend la main quand les autres vous abandonnent.
C’est vrai, j’ai déjà essayé, mais je trouvais essentiel de savoir que je travaillais sur un projet, et je pense qu’il vaut mieux le faire.
Ce jour-là, j’ai compris que je n’avais pas tout perdu.
J’ai perdu ce qui n’était pas de l’amour.
J’ai perdu ce qui n’était pas une véritable sécurité.