L’appel téléphonique
Le lendemain, j’ai ignoré tous ses appels téléphoniques.
Jusqu’à ce que le téléphone sonne à nouveau.
C’était notre avocat.
« Si Charles vous a demandé de m’appeler, vous n’êtes pas obligé », ai-je dit d’un ton détaché.
Mais sa voix sonnait différemment.
Il ne m’a pas demandé d’appeler. C’est à son sujet.
Tu devrais t’asseoir un instant.
Mon cœur a raté un battement.
Que veux-tu dire?
Il resta silencieux un instant.
Puis il dit doucement :
Votre ex-mari s’est effondré hier soir.
Il a été transporté à l’hôpital suite à un grave infarctus.
La pièce se mit à tourner.
« Est-il encore en vie ? » ai-je murmuré.
Un silence s’installa.
Trop long.
« Ils ont fait tout leur possible », a-t-il dit.
« Je suis désolé. »
Les souvenirs
Le téléphone m’a glissé des mains.
Soudain, cinquante ans de souvenirs ont déferlé sur eux.
Charles, qui préparait le café tous les matins.
Son rire discret.
La façon dont il cherchait ma main dans le noir.
Même les choses qui m’avaient toujours irritée — son entêtement, son besoin de tout contrôler — me paraissaient soudain insignifiantes.
Ma colère, née au pub, s’est transformée en un lourd fardeau.
Je n’avais jamais dit au revoir.
La lettre
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