On m’avait accusée de vol par ma belle-mère devant plus de deux cents invités. Avant même que je puisse m’expliquer, mon père m’a frappée—violemment—en plein public.
« Rends-le et mets-toi à genoux ! » a-t-il rugi.
Le claquement avait résonné plus fort que les verres en cristal. Pendant une seconde atroce, la salle de bal s’était figée, puis des chuchotements avaient traversé la foule comme un poison.

Ma joue brûlait tandis que je fixais mon père, debout devant moi dans son costume noir, la colère déformant son visage.
— Rends-le et mets-toi à genoux, exigea-t-il.
De l’autre côté de la pièce, ma belle-mère, Céleste, serrait sa gorge avec théâtralité.
Son collier en diamant brillait sous les lustres, tandis qu’elle déclarait que son bracelet assorti était « disparu ». Puis elle s’assura que tous les regards se tournent vers moi.
— Je l’ai vue près de ma coiffeuse, sanglota-t-elle. Elle n’a jamais accepté ma place dans cette famille.
Ma cousine Mira eut un sourire moqueur. — Les études de droit lui sont montées à la tête. — Les bourses n’achètent pas la classe, ajouta froidement Céleste.
Mon père leva de nouveau la main. Je n’ai pas bougé.
Avant qu’il ne puisse me frapper une seconde fois, l’oncle Raymond entra dans la salle en tenant le bracelet entre deux doigts. — Je l’ai trouvé dans la salle de bain.